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Réglementation

Data Act : le cloud switching devient un droit — ce que ça change vraiment

Depuis septembre 2025, quitter AWS ou Azure sans pénalité est un droit européen. Peu de dirigeants l'ont mesuré. Voici la lecture pragmatique de ce que ça vous ouvre — et ne vous ouvre pas.

6 min de lecture·par Karim Belkacem, Tech Lead Mobile, Procidatec

Ce que dit le règlement en une phrase

Le Data Act européen impose aux fournisseurs de cloud (AWS, Azure, GCP, OVH, Scaleway…) de faciliter le départ de leurs clients : **portabilité des données, suppression progressive des frais de sortie, interopérabilité**. Applicable depuis le 12 septembre 2025 pour l'essentiel, les frais de sortie complètement supprimés en janvier 2027.

Ce que ça change concrètement pour vous

  • **Vous pouvez quitter votre cloud sans clause d'exclusivité opposable.** Toute clause contraire est nulle.
  • **Vous pouvez récupérer vos données dans un format ouvert et interopérable.** Le fournisseur doit vous fournir la doc technique.
  • **Les frais de sortie plafonnent.** En 2026, ils sont réduits ; en 2027, ils tombent à zéro.
  • **Le fournisseur a une obligation d'assistance** pendant votre migration (30 jours minimum de support).

Ce que ça ne change pas

  • Migrer d'AWS à Azure reste techniquement complexe. La loi enlève les barrières contractuelles, pas les barrières techniques.
  • Les services managés propriétaires (DynamoDB, Cosmos DB, BigQuery) restent difficiles à porter. Le Data Act facilite l'export, mais pas la ré-ingestion.
  • Les services SaaS métier (Salesforce, Notion, etc.) sont **hors scope**. Le règlement vise l'infrastructure et le PaaS, pas le SaaS.

Le bon réflexe pour votre prochaine négociation

Depuis 6 mois, on voit chez nos clients trois usages pertinents du Data Act en négociation :

1. **Renégocier son contrat cloud en réduisant les frais** en menaçant crédiblement de partir (le levier n'était pas jouable avant). 2. **Exiger la portabilité formelle** dans les contrats-cadres avec un nouveau fournisseur. 3. **Bâtir une stratégie multi-cloud** pour de vrai, en repartissant les workloads sur plusieurs fournisseurs européens sans lock-in.

Ce qu'on recommande dans les faits

Le Data Act est une **opportunité de renégocier**, pas un déclencheur automatique de migration. Sur nos audits d'infrastructure cloud, on chiffre systématiquement :

  • Le coût réel du cloud actuel
  • Le coût d'un cloud alternatif (souverain type OVH, Scaleway, Outscale)
  • Le coût de la migration
  • Le point mort

Neuf fois sur dix, on garde le cloud actuel mais on renégocie 20 à 40 % de baisse. Une fois sur dix, la migration est rentable. Aucune fois sur dix, on paye des cabinets 40 000 € pour un audit qui aurait dû coûter dix fois moins.

Envie de savoir où vous en êtes ? Un audit infrastructure de 2 jours suffit à trancher.

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